Marula

Unripe Marula fruits on a tree in the Zinder region in Niger Republic

Marula (Sclerocarya birrea, Anacardiaceae)

Connu à l'international par son nom sud-africain, marula, le Sclerocarya birrea est un arbre alimentaire dont l'usage est supposé dépasser 10 000 ans.1 Aujourd'hui, il fait l'objet d'exportation d'huiles et de liqueurs de luxe à partir de pays comme le Botswana, la Namibie et l'Afrique du Sud, mais reste peu exploité en Afrique de l'Ouest. Cet arbre à feuilles caduques donne presque miraculeusement des fruits juteux lorsque la saison sèche tire vers sa fin, en mois de mai et juin.2 C'est une période où les stocks céréaliers commencent à se faire bas, où la nature Sahélienne produit peu et où les besoins d'aliments et de revenus se font sentir chez les populations rurales. La pulpe des fruits mûrs a une saveur sucrée et acidulée délicieuse. Elle contient une concentration en vitamine C trois à quatre fois plus élevée que celle de l'orange,3 et est riche en antioxydants et en calcium4. La noix, à goût noble elle aussi, est calorifique, contenant 700 calories par 100g. Elle est riche en huile (47%), protéine (36%), cuivre, magnésium et zinc.5 Le profile des ces acides gras se rapproche de celui de l'huile d'olive, avec une haute contenance en acides gras mono-insaturées.6 Les feuilles s'utilisent fréquemment à l'état jeune dans la cuisson, et avec leur 74 % de glucides du poids sec,7 aide les populations durant la période de soudure. Elles sont aussi recommandées par les médecins comme produit anti-hyperglycémiant aux diabétiques.8 Les noix peuvent se conserver pendant des années en état non décortiqué, et cela fait d'elles un excellent réserve alimentaire potentiel pour les années de sécheresse et de famine.

Le marula pousse naturellement à travers pratiquement tout l'Afrique subsaharienne, entre les isohyètes de 200 et de 1000mm. Cependant, elle a fait beaucoup de recul au Sahel durant le dernier siècle dû à sa coupe abusive et l'exploitation de son écorce pour des fins médicinaux. La plante est dioïque, signifiant que ses sujets sont divisés en arbres mâles et femelles. Il est important de sensibiliser les populations sur ce phénomène, sinon elles risquent d'abattre les arbres qui ne portent pas de fruits mais qui sont nécessaires à la pollinisation.

 

 

1Hall, J. B. 2002. Sclerocarya birrea (A.Rich.) Hochst. [Internet] Record from PROTA4U. Oyen, L.P.A. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. (en français et en anglais)
http://database.prota.org/dbtw-wpd/exec/dbtwpub.dll?AC=GET_RECORD&XC=/dbtw-wpd/exec/dbtwpub.dll&BU=http%3A%2F%2Fdatabase.prota.org%2F31cherchePB.htm&TN=Protabase&SN=AUTO24620&SE=1824&RN=0&MR=20&TR=0&TX=1000&ES=0&CS=1&XP=&RF=Rapport&EF=Basic+Record+Form&DF=AfficherWeb&RL=0&EL=1&DL=0&NP=3&ID=&MF=&MQ=&TI=0&DT=&ST=0&IR=191&NR=0&NB=0&SV=0&SS=0&BG=&FG=&QS=Recherche&OEX=ISO-8859-1&OEH=ISO-8859-1

2Josef Garvi, directeur Sahara-Sahel Foods, observ. pers.

3National Research Council. 2008. Lost Crops of Africa. Volume III: Fruits, Washington, D.C.: The National Academies Press.

4 Hassan L.G., Dangoggo S.M., Hassan S.W., Muhammad, S. Umar K.J. 2010. Nutritional and Antinutritional Composition of Sclerocarya birrea Fruit Juice. Nigerian Journal of Basic and Applied Science (2010), 18(2): 222-228.

5 Glew R.S., VanderJagt D.J., Huang Y.-S., Chuang L.-T., Bosse R., Glew R.H. 2003. Nutritional analysis of the edible pit of Sclerocarya birrea in the Republic of Niger (daniya, Hausa). Journal of Food Composition and Analysis 17 (2004) 99–111.

6National Research Council. 2008. Lost Crops of Africa. Volume III: Fruits, Washington, D.C.: The National Academies Press.

7Eurofins nutritional analysis ordered by Sahara Sahel Foods, 2014.

8Dr. Soumana Karimou. 2014. Personal communication.